Christian Coppin – El Noko

Maitre, magicien, sorcier blanc, ami, initiateur,  passeur, mentor, conteur,
Griot, nomade des savanes, vieux sage et fabricant d’ailes,
Chercheur de vie, rêveur de sens, passeur de son,
Chorégraphe et chef d’orchestre de grillons aux crépuscules magiques….

Et j’en passe ! Mais c’est un peu tout ça, Christian.

Vos paroles d’affection ont atterri à l’Atelier Graphoui
en un va et vient de bouts de cœur en ébullition
qui parlent de résonances et de voyages parcourus avec Christian.
Merci, ce texte collectif est nourri de vos mots et vos pensées.

La boîte, comme il l’appelait pour y marteler une sorte de dévotion corps et âme,
est le centre névralgique d’un réseau tentaculaire
qui, jusqu’à aujourd’hui, nous échappe.

Aussi vaste et insaisissable était son verger,
Qui a chaleureusement enveloppé l’atelier,
Pour en sculpter l’écorce.

De jour comme de nuit, un joyeux foisonnement d’amis, de projets, de textes,
de rencontres, de sons et de compositions résonnaient depuis son studio.

Une folie douce ruisselait vers la cafetière – en chauffe depuis le matin :
Une passion dévorante bouillonnait dans le couloir.
Parfois, un imaginaire puissant déferlait sur la table de réunion,
Jusqu’à déborder par les fenêtres, côté terrasse.

Il est temps de l’avouer, nous sommes tous contaminés, grand bien nous fasse.

Ne pas remettre notre vie dans d’autres mains,
Vivre pleinement cette traversée insensée sur terre,
Partager dans un maquis d’agréables gazelles et autres saveurs sucrées, sacrées,
Apprécier sur une terrasse la renaissance d’un café fumant
Et la brise légère qui soulève avec délicatesse le jupon des fées ;
S’enivrer des arômes que le soleil des vignes exhale,
De l’éclat d’un éclair au chocolat,
Ne pas passer à côté de la goutte de porto, pour les amis, en passant dans le studio.

Beaucoup citent sa plume volubile fleurie de son panache :

« L’homme, par crainte de se savoir traqué par lui même, s’évade à perte de vue.
Aux chemins qui l’emporteront loin.
Seule l’indéfinie mémoire rencontrée deviendra sa compagne.
Il en sera le pèlerin, le passeur, le sage, le berger, le nomade.

Alors, pour peu que l’audace émerveillée des yeux fatigués d’avoir tant cherché une raison où s’arrêter,
Il racontera l’histoire des hommes pour qui la terre n’a de sens que par le verbe qui nous reconnait vivant les uns aux autres. »

« N’oubliez pas que nous sommes tous des Auteurs ! »,
était devenu son étendard et une clé d’accès à la poésie universelle, qu’il partageait sans relâche.

Son écoute ouvrait de nouveaux espaces, où l’utopie avait toujours sa place.
Sa passion, son engagement, ses créations regorgeaient de plus d’imaginaires que les rêves ne peuvent en concevoir :
ils les rendaient possible.

Salut à toi, Tonton El Noko, grand fouineur de termitière,
Toi  l’homme qui a « erré, déambulé et reposé le micro à la recherche des gués où la parole imagée,
Le chant des enfants, des femmes et des hommes concilient,
De la case du village au chambard de la ville,
Ce qu’il y a d’unique, de sacré, et d’universel sur terre.

Arrive un jour où les passeurs ont eux-mêmes besoin de passeurs.

«  Belle jeunesse, Princes et princesses,
Mon beau, Mes fées  » dirait-il :
à vous de jouer.

Ferme les yeux et laisse-toi dériver au gré des brises.

Tu es maintenant le vent.
Ton air gonfle nos voiles, vieux loup de mer.

Que te protège les esprits des bois sacrés
Qui ont vu naître ton joli petit air congolais.

Hommage à Christian
Atelier Graphoui – septembre 2017

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