Mémoire Oralité Transmission : Introduction
 
 

Parfois, il arrive, qu'en chemin d'avenir, l'homme oublie que la pelle qu'il tient à la main, n'a de sens que par le geste qui le lie à la terre. Souvent, on oublie que l'outil qui l'amène à lui faciliter ce travail provient d'une longue patience où, petit à petit, l'homme s'est élevé culturellement et socialement. L'acte de disperser la graine dans le sillon pose un enjeu où ce que j'engrange aujourd'hui ne peut avoir lieu que si j'ai reçu et accepté le legs des ancêtres.
En termes plus austères, on désignerait la notion du progrès humain comme "la capacité que l'homme a de se projeter dans une identité évolutive qui n'a d'art de vie que si elle (la vie) continue à se rendre féconde par les racines d'où elle vient, et pour cela, il faut des outils de communication". Voilà le gros mot lâché, "communication" et en filigrane, comme suspendu à ses lèvres, un autre, M.O.T. Mémoire – Oralité – Transmission.

Clairement exprimé, M.O.T. désigne une action d'appui au financement d'un partenaire du Sud situé à Kolda (Casamance – Sénégal).
La particularité de son identité désigne, en matière de progrès humain, l'appropriation, en milieu rural de la Casamance, des outils de communication audiovisuels par les communautés villageoises. Autrement dit, le droit élémentaire d' agir librement par le travail "des images et du son" au sens le plus ouvert possible, tel qu'il entreprend et engage l'homme à mieux se reconnaître dans un système de valeurs partagées où la vie s'exprime, se révèle, résonne et engage à la vie.

Autrement révélé, M.O.T. poserait l'image et la parole d'un milieu rural du Sud comme faire valoir de son évidence entendue à travers un support de communication moderne dont le Sud, lui-même gère et restitue en tant qu' acteur et producteur, sa propre identité.

En matière de développement, il nous est souvent arrivé de nous heurter à des situations, où les interlocuteurs, malgré toutes les bonnes volontés rassemblées, semblaient venir d'autres planètes. Tout, parfois, pouvait paraître lourd, surchargé, comme constamment mis sous pression, et il me semble ne pas faire le procès de quelqu'un, si j'avoue avoir entendu de la bouche même d'amis responsables de projet, le dépit, le découragement, les incertitudes, la fatigue. Faudrait-il croire que le concept de "développement" véhicule un tribut lourd à porter, à payer, à gérer. L'avenir, serait-elle devenue si précaire, qu'il faille s'y rendre, presque résigné à l'abandonner à son sort. C'est aussi pour cette raison, qu'en se destituant quelque peu de son enclavement sévère de "cadre logique en appui au développement" et en se livrant sans complexe à son propre voyage, M.O.T. aimerait pouvoir croire qu'il peut aussi se raconter de manière aussi efficiente que toutes les techniques d'écritures engagées pour sa réalisation. Si cela est vrai, alors M.O.T. deviendrait également un outil de communication pour le Nord.

En terme d'éducation ou de transmission, le site MOT propose une approche d'un projet de développement , non pas sur base de ses échecs ou de ses réussites, mais, vu de l’intérieur, toutes fenêtres ouvertes sur la démarche qui l'anime. Donner à entendre un processus pris en flagrant délit de son évolution, c'est éveiller des réactions participatives auxquelles le regard à l'autre ne peut que devenir complice de ses propres valeurs.

L'avant-propos voudrait faire entendre que participer à aider les populations du Sud à se développer, c'est d'abord s'ouvrir à l'intelligence de droit que la terre appartient à tout le monde.

Et si, un peu comme Aladin, vous y trouvez quelques lueurs pour vous y frotter, alors soyez les bienvenus.