| L' action accompagne les objectifs
fixés par l'Atelier Graphoui asbl qui, partant du constat qu’
il n'y a pas de développement sans culture, veille à accorder
aux communautés plus d’espaces de création afin
de construire des moyens pour vivre ensemble et chercher, à travers
la (re)connaissance des identités autres, une vision commune
de l'avenir : un devenir culturel.
1. Le centre de communication en Casamance
? Quel
est l’objectif général de l’action menée
en Casamance ?
? Quels
sont les actions du centre de communication de Kolda ?
2. Les outils de sensibilisation à
l’expression créative du milieu rurale africain
? Pourquoi
ces outils de sensibilisation ?
? Dans
quel contexte ces outils sont-ils produits ?
? Qu’est-ce
que ce matériel éducatif a permis au Nord ?
1. Le centre
de communication en Casamance
Quel est l’objectif général
de l’action menée en Casamance ?
Le désenclavement des populations rurales à
travers un réseau d’échange de communication audiovisuel
pour :
· Améliorer les conditions de vie des communautés.
· Développer les capacités d’organisation
et de gestion des populations.
· Développer les relations de solidarité entre
le Nord et le Sud, le Sud et le Nord et le Sud et le Sud.
Quels sont les actions du centre
de communication de Kolda ?
a. Produire et diffuser des magazines de communication
comme facteur de développement (au niveau local, régional,
national et international).
b. Créer et échanger à travers un réseau
de prise de paroles une identité de communication.
c. Collecter, diffuser et conserver le patrimoine culturel traditionnel.
d. Produire et diffuser une audiothèque.
e. Permettre une communication horizontale et transversale entre les
différents groupes communautaires pour une meilleure prise de
conscience de la vie en communauté.
f. Créer les conditions d’une prise de conscience plus
aiguë sur les problèmes cruciaux se rattachant aux responsabilités
de la femme, des droits de l’enfant, de la protection de l’environnement,
des conflits, des droits de l’homme…
g. Favoriser des échanges d’informations et d’expériences
avec les autres communautés villageoises porteuses ou non de
projets de développement.
h. Faire mieux connaître aux populations leur patrimoine culturel,
leur histoire et la richesse de leur folklore à travers la musique,
le théâtre, les arts plastiques, culinaires…
i. Susciter une dynamique nouvelle et authentiquement enracinée
en vue d’une nécessaire rencontre avec d’autres peuples
et d’autres civilisations.
2. Les outils de sensibilisation
à l’expression créative du milieu rurale africain
Pourquoi ces outils de sensibilisation
?
a. Sensibiliser le Nord à la forme orale des
ruralités du Sud.
b. Agir pour le désenclavement des populations rurales du Sud
africain.
c. Questionner, du Sud vers le Nord, notre rapport à la mémoire
et à la communication pour mieux identifier l'homme dans une
émergence culturelle et moderne.
Dans quel contexte ces outils
sont-ils produits ?
Par l’expérience acquise et la qualité
de l’accueil fait au Nord pour ce qui a déjà été
réalisé, je peux affirmer que la réalité
du milieu rural africain reste, malheureusement encore aujourd'hui,
mal connue au Nord.
Les communautés rurales de la Région des Savanes sont
isolées, enclavées et leurs populations rurales sont à
90% analphabètes. Pourtant, ce sont elles qui nourrissent l'Afrique,
tant du point de vue culturel, qu'économique. Il n'est pas vain
de rappeler que la plupart des habitants de la ville proviennent en
droite ligne des campagnes. La valorisation de leur patrimoine culturel,
porté par la puissance d'un art de vivre, est basée sur
la transmission orale de sa propre identité au savoir faire d'une
mémoire qui agit instantanément dans l'espace communautaire
du quotidien. Ce qui lui accorde chez nous, d'un point de vue expressif,
l'engouement et la fascination qu'exercent leurs musiciens, leurs conteurs
et autres artistes par le talent d'exprimer la vie par l'oralité.
Tous ces musiciens proviennent du milieu rural. La ville n'intervenant,
dans la plupart des cas, que comme lieu de carrefour ou passage obligé
pour faciliter des transactions d'ordre stratégiques, économiques,
institutionnelles, pratiques ou techniques.
Au Nord, rien ne facilite l'accès à
la parole, ni à l'identité du milieu rural africain.
Et pourtant, cette même identité fait entendre, depuis
des siècles, la pertinence unique d'une résonance précieuse
des arts de l'oralité et des oralités imagées,
au sein des valeurs qui rendent intelligent et sensible l'individu dans
une cohérence de communauté.
Au Nord, trop souvent, nous n'interprétons ce langage qu'en tant
que mode de variété, et leurs griots sont comme des vedettes
livrées aux aléas d'un marketing effréné,
livrées aux lois implacables des affaires du show-biz.
C'est ainsi que, petit à petit, disparaît une culture basée
sur les arts de l'oralité, étouffée, annihilée
par le dictat qui voudrait que seules les civilisations engrangées
par une culture écrite, engagent un réel échange
pour l'épanouissement d'un devenir citoyen et démocrate.
Qu’est-ce que ce matériel
éducatif a permis au Nord ?
a. Découvrir et faire entendre des prises de
paroles, des musiques et des documents témoignant de la réalité
du milieu rural du Sud et de son patrimoine culturel liés à
la problématique de la communication pour le développement.
b. Dialoguer par des interventions dans des colloques, des magazines
et événements divers, à dimension culturelle.
c. Structurer des ateliers de création audiovisuelle afin d'engager
une dynamique de réflexion, d'échange et de questionnement
basée sur la capacité à vivre la transculturalité
dans un monde à mutation rapide.
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